Après cette présentation voici donc une première interlude:
Il y a eu une époque où j’allais à la médiathèque de ma ville pour découvrir de nouvelles musiques. J’y allais deux trois fois par semaine, assez frénétiquement. Je pense qu’en moins de quelques mois j’y ai fait le tour de tout ce qui m’intéressait. Maintenant, je me souviens, il y avait ce groupe. Ce nom m’avait interpellé, il m’apparaissait je ne sais plus trop pourquoi comme un groupe de métal, peut-être d’indus. Malgré une bonne surprise, très différente de ce à quoi je m’attendais, je ne l’ai vraisemblablement pas assez écouté et il a disparu de ma mémoire, dans les limbes de mes multiples recherches.
L’autre jour je tombe sur ce morceau. Simple, épuré, ces belles voix qui se répondent comme en écho avec ces rythmes comme des pulsions. Je m’imagine bien l’écouter dans une usine abandonnée ou dans l’un de ses multiples immeubles désaffectés de Berlin. On pourrait presque y voir de l’Electrelane qui aurait oublié ses instruments pour vibrer a cappella, ou peut-être un opéra de Philip Glass comme Einstein on the Beach qui aurait perdu de sa rigueur pour sombrer délicieusement dans un charme baroque.
Au final ce n’est pas un morceau de « bravoure » mais il y a cette ambiance mystérieuse. Il se dégage de ces quelques minutes une impression d’impénétrable, d’insondable. Un déluge de feu et de batterie pourrait finir cette chanson comme une révélation, comme un Apocalypse, la perspective est là. Cependant, il n’en est rien. La porte reste fermée dans une ritournelle qui m’emporte loin.
J’aime.
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