Par contre je me rappelle parfaitement de l’excitation que j’ai ressentie en achetant cet album. Je me rappelle de ce qu’il représentait. C’était une porte vers de nouveaux territoires, de nouveaux horizons que j’étais prêt à franchir. Il y avait là toute la délicatesse, le raffinement, et la diversité que je souhaitais y trouver. C’était à l’antipode des préjugés qu’avaient les gens autour de moi sur ce qu’était la musique électronique. Ces notes de piano, cette voix enfantine et cristalline, ces doux vrombissements. Ce morceau était la quintessence de l’album et incarnait tout ce que j’y aimais. Je le mettais dans une voiture qui me conduisait avec deux amis vers la Normandie. Une semaine de sable, de nuages, de cette Normandie de mon enfance que j’adorais. Malgré sa contradictoire modernité ce disque s’imposait sur les rafales de vents qui heurtaient la digue. Entre ennui et repos, la semaine ne fut pas simple. C’était la fin d’un cycle et je contemplais la Manche aller et revenir.
Quelque part, je me laissais bercer par ce son, et j’essayais de lui voler sa sérénité pour aborder mes angoisses et tout ce qui m’attendait.
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