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Articlé publié le 06 avr 2009 par .

Classé dans Quizz, Bazar.

Interlude: My Life et le retour de la gravité

En septembre et ces dernières semaines j’ai suivi des cours intensifs d’allemand au sein du Sprachenzentrum de l’université d’Humboldt. En plus des cours nous disposions d’un programme culturel plus ou moins intéressant. Du Grill Party à la soirée Erasmus/vache à lait (le prix de la conso était injurieusement élevé comparé au prix moyen Berlinois) en passant par quelques conférénces le tout n’était pas très folichon.

Lors de ces deux « stages intensifs » il y avait en fin de programme une invitation pour un spectacle cabaret: My Life. My Life c’est un spectacle dans le centre de la ville (Hackerscher Markt) qui coûte normalement près de 30 €. Quand on peut y aller gratuitement on se sent un peu obligé. Je m’y suis donc rendu deux fois en six mois.

Le principe de ce spectacle c’est quelques performances type Cirque du soleil avec de la musique. Malgré les capacités des participants on ne peut pas dire que c’est fabuleux. Sans autre programme que distraire le bon peuple le tout ressemble à un joli spectacle mercantile sans imagination ou inspiration. Dans le genre j’ai préféré le spectacle canadien Traces que j’ai eu l’occasion de voir en décembre à Paris. Pour revenir à My life les transitions entre les différentes performances sont fadasses, mal réglées, et rarement intéressantes. Un des éléments les plus confondants est la musique. Que ce soit les morceaux chantés ou ceux qui servent d’arrière fond, on nage souvent en pleine désolation. Non pas que ce soit de mauvaises chansons, au contraire, mais elles sont souvent trop facile (Klint, Diamond) ou dans des versions catastrophiques, I Put a Spell on You de Screamin Jay Hawkins est massacré par je ne sais qui. Quand les « artistes » préfèrent eux-mêmes chanter, ils choisissent par exemple Respect d’Aretha Franklin. Ce n’est pas interdit mais pour chanter cette chanson il faut avoir des épaules solides, avoir une voix ou une présence charismatique. Autant passer l’originale sinon. Toutefois ils essayent et ils échouent et on a des envies de meurtre. Néanmoins entre les deux fois où j’ai vu le spectacle il y a eu une évolution positive. La première fois ils tentaient de chanter Hallelujah de Leonard Cohen ce qui pouvait être comparé à une torture. Ils ont heureusement abandonnés depuis.

Dans tout ce show grand public il y a cependant une chanson qui dénote et que j’adore. A la moitié du spectacle une des artistes propose une chorégraphie sur un trapèze. Cette chorégraphie n’est pas spécialement palpitante mais elle arrive à dégager de la sensualité. Si elle arrive à s’en sortir c’est aussi grâce à la chanson que vous pouvez écouter. Le choix de ce morceau est cohérent, il illustre à merveille par son rythme lent et ses paroles sur la gravité l’équilibre de la femme sur le trapèze.

Without a universal law there is no gravity, without a gravity there is no atmosphere, without an atmosphere there is no chance at live, without a chance at live I don’t exist.

Ce morceau est issu d’une collaboration de deux groupes sur un disque qui tient le temps de cette chanson toutes ses promesses. La légèreté, le climax qui s’installe laisse une fenêtre pour les rêveries. Cependant, et à la différence du dub, nous ne sommes pas dans un univers totalement anti-gravitique. Le flow des paroles donnent de l’énergie, une contenance au morceau qui lui redonne du « poids ». Il s’agit ici d’une mélancolie spatiale mais qui ne se contente pas seulement de flotter dans l’espace intersidérale. Elle s’agite, elle sussure, elle vit. Quelque part dans ce I don’t exist on a un acte antiperformatif. L’acte de parler nie ce qu’énonce la parole. L’important est dans ce ressenti d’une disparition de soi, d’un manque et d’une inquiétude sur le bon fonctionnement de l’univers que cherche à résorber la parole.

On pourrait y voir une fable écologique. C’est possible. Je n’ai pas besoin d’aller si loin, je retiens les échos et le rythme nasillard des voix qui me projettent vers Saturne avec une boucle de Hip-Hop comme sourire.

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Ps: Finalement j’ai décidé de donner les « réponses » par intervalles de 4 mois. La première salve à la fin d’avril donc.

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