Je n’écoute pas beaucoup la radio. Question d’éducation probablement puisque mes parents le faisaient peu. Quand je me suis intéressé sérieusement à la musique internet et ses milles lumières étaient là et les programmes radiophoniques français m’ont toujours semblé redondants et conservateurs. Hormis la matinale de France Inter avec la bande à Demorand, que ma copine écoute religieusement, je dois donc reconnaître que je suis plutôt ignare sur le domaine.
Jeudi dernier, joies de Berlin, une connaissance me téléphone. Il travaille à la Haus der Kulturen der Welt (maison de la culture du monde) ou Hausradio. Par connaissance il faut entendre qu’on s’est rencontré une seule fois dans une soirée il y a presque un mois et bien qu’on avait sympathisé on ne s’était point revu depuis. Il cherchait des gens pour faire quelque chose liée à la radio (comprendre l’allemand au téléphone reste une de mes difficultés et le tout me semblait bien flou). Je me retrouve donc à la Hausrado à 17h tapante jeudi dernier.
Sur place deux responsables, l’encadrement, qui m’expliquent que je suis volontaire. Volontaire je veux bien, mais volontaire pour quoi? La semaine dernière il y avait un petit Festival sur place, LebensLinien #1 (lignes de vie) autour de Hugh Masekela, jazzman sud-africain, qui fêtait ses 70 ans. Avec d’autres artistes, Jazz Jamaica, São Paulo Underground, Masekela était présent pour un concert et une lecture de son autobiographie. L’objectif de mon volontariat, qui se révéla être un atelier, était de produire une émission de radio d’une heure pour un live le dimanche qui clôturait le festival. Initiation rapide on dira. Trois concerts à entendre, deux films à voir, des interviews, des sujets à écrire, des morceaux à choisir et le tout à monter.
Ce fut assez passionnant. La lecture que fit Masekela de son autobiographie (écrite avec un nègre) me donna bien envie de m’y plonger plus sérieusement. Le premier concert ne se releva pas extraordinaire bien que Jazz Jamaica mit de l’ambiance en croisant les références et les influences pour flirter avec le Ska de The Skatalites, le jazz et par moment presque du Reggae. Le tout était bien aidée par une salle superbe, imaginez la salle Olivier Messian de Radio France qui se serait allongée pour ressembler à un bateau.
Le vendredi premier choc. Je devais faire une interview de Rob Mazurek et de son groupe São Paulo Underground (je reviens dessus dans ma prochaine notule), le tout en anglais. Heureusement qu’ils étaient sympathiques car j’étais un peu largué… Puis d’événements en événements, de préparations en préparations on s’est retrouvé le dimanche après midi pour le direct. Là ce fut la découverte. Je gérais la « technique » (ce n’était pas bien compliqué) pendant presque toute l’émission pendant que les autres présentaient leurs sujets. Je n’avais qu’un sujet finalement, l’interview de Rob Mazurek, mais tout de même j’étais assez stressé.
Tout est question de Timing de minutes de confrontations au micro et à sa propre voix. On a l’impression de parler au monde entier tout en ne s’adressant rien qu’à soi, cela peut donner un petit vertige. Le pulse d’adrénaline, le contrôle de sa voix qui peut devenir presque un jeu et l’enchaînement interrompu de petites victoires rendent le tout assez jouissif. C’est un média très particulier et très intéressant. A la différence d’un blog ou d’un écrit il y a cette idée de « en direct ». La confrontation est là et maintenant et on ne pourra plus revenir dessus. Ce stress et cette tension pour un pantouflard comme moi furent assez jouissif, j’en redemande.
J’aimerai réitérer l’expérience, il y a quelque chose qui m’a conquit dans cette confrontation au micro et au temps. De plus la radio garde un côté séduisant et mystérieux avec cette longue succession de voix, de discours et de chansons qui parfois s’emboitent parfaitement tout en laissant place aux songes et sans tyranniser comme la petite lucarne.
Même à 24 ans on peut découvrir des horizons qui avaient toujours été là.
Si vous n’avez pas une allergie à l’allemand, l’émission est disponible à l’écoute ou au téléchargement, avec de vrais morceaux de moi dedans et quelques chansons hautement recommandables.
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
hey B, il y a quand même autre chose que France inter (frère intense); essaie un peu ceci:
http://media.wtm-paris.com/wtm-amb01.mp3
http://www.wtm-paris.com/wtm_sons.html
http://www.wtm-paris.com/wtm_info.html
Sur ce, je m’en vais goûter à ton yaourt radiofonik…