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Articlé publié le 21 oct 2009 par .

Classé dans Quizz, Bazar.

Interlude : Dehors la nuit.

Ce week-end j’étais en Bourgogne dans la ville de Clamecy à boire du vin et à manger du fromage pendant que Digital préparait soigneusement son retour sur le blog (il a fait pété le nombre de visiteurs d’ailleurs, c’est d’un vexant). Tous les soirs avant d’aller se coucher je discutais avec un ami dans le jardin pendant qu’il fumait. On contemplait les étoiles. La voute céleste aristotélicienne, l’infini horizon d’aujourd’hui. A l’observer trois soirs de suite je me suis dis que c’était comme le feu, un spectacle inépuisable dans lequel on peut pleinement rester absorber. J’ai compris les Mayas, pensé aux navigateurs d’antan, aux millions, parfois milliards, d’années que la lumière avait parcouru, à ce que je suis et comme toujours à la Science Fiction. Je ne connais rien en astronomie et je n’ai jamais eu cette fibre. Cela peut surprendre vu mon attrait pour ce genre de questions mais la réponse est aussi simple que ridicule : Je suis parisien.

Avez-vous vu le film Dark City ? Dans ce film un homme se réveille amnésique et découvre qu’il aurait été coupable d’un meurtre mais tout lui semble étrange, factice, et il part en quête de ses souvenirs poursuivi par des créatures étranges. Dans la ville de Dark City il ne fait jamais jour, d’où le nom, et le film est plongé dans un noir crépusculaire qui lui confère son ambiance vieux polar. En fait je ne trouve pas que la nuit totale soit angoissante. Le contraire  m’apparaît comme une  idée bien plus pénible (comme dans le roman Plasma de Walter J. Williams). Un jour absolu c’est un monde sans repos, baigné dans une lumière crue sans interruption. Si le noir fait peur je trouve qu’une journée sans fin est une idée infiniment plus cruelle. A mi-chemin il y a une réalité terne, respirable mais difficile : celle des métropoles.

Quand je quitte les grandes villes, ce qui est malheureusement rare, je réalise que voir les étoiles est devenu une sorte de luxe, la pollution lumineuse n’est pas qu’une vaine idée, il y a quelque chose de réconfortant et de vertigineux à observer le reste de notre galaxie. A Paris le système solaire et l’univers se résument souvent au Soleil, la Lune et la Terre. Univers de pauvreté pour un monde qui se referme sur lui-même. L’impression était un peu semblable à Berlin même si le nombre d’étoiles visibles était plus important.

En rentrant en voiture vers la région parisienne, je voyais petit à petit le ciel disparaître pour redevenir cette pâtée jaunâtre dont j’ai l’habitude. J’écoutais My Brightest Diamond et du folk tout en pensant au livre Spin de Robert-Charles Wilson. Un jour, une nuit, la voute céleste disparaît en un instant. Une sorte de membrane vient de recouvrir la terre et son atmosphère et l’extérieur n’est plus visible, il y a même un faux soleil pour continuer de maintenir les cycles jour/nuit. Personne ne sait ce qui se passe, il semblerait que ce soit l’œuvre d’une intelligence extraterrestre sans que celle-ci fasse acte de présence… Le comble est que le temps ne s’écoule plus au même rythme à l’intérieur et à l’extérieur, chaque seconde sur terre devient 3 années à l’extérieur ramenant la menace de la transformation du soleil en super nova à 40 ans…

… L’intérêt de ce livre, comme de tous les livres de Wilson, est l’attention qu’il accorde aux personnages. Etre coupé de l’univers est vécu comme un véritable traumatisme et toutes les personnes âgées se souviennent avec mélancolie des petits points lumineux au-dessus d’eux. Quand la porte d’Italie fut indiquée et qu’un chauffard fit n’importe quoi sur le périphérique je ne pouvais que comprendre ce sentiment..

Exceptionnellement deux morceaux:

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