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Articlé publié le 04 nov 2009 par .

Classé dans Quizz, Bazar.

Interlude: Hommage aux Gaufres et à l’esprit de la recherche.

L’accès à la culture pour tous est passé de l’état de rêve à celui de réalité, en ce qui concerne la musique et le cinéma, grâce à internet. Du moins jusqu’à janvier.

Nos parents ont mis des années à construire leur culture. Ils devaient pour cela cumuler, chercher, acheter des revues ou connaître des gens capables de les conseiller ou de leur faire découvrir des nouveautés. Tout cela prenait beaucoup de temps, d’énergie et très souvent d’argent. Il était facile d’être coincé sociologiquement, cantonné à quelques tendances et à un milieu. Ceux qui ont une immense culture datant d’avant la révolution numérique sont des sortes d’icônes des temps anciens, éblouissantes d’un certain éclat incompréhensible car nous ne pouvons pas véritablement imaginer. Maintenant nous avons des spécialistes âgés de 20 ans… Pour nous il s’agit de quelques clics, d’un tour sur un bon réseau p2p, d’un moteur torrent fonctionnant à plein tube et de balayer d’un revers de regard une dizaine de blogs traitant des nouvelles tendances. Notre génération a le grand avantage d’avoir été la génération charnière, nous avons connu le monde sans téléphones portables, sans internet, nous sommes donc les plus à même de jouir pleinement de notre liberté en dépit de sa relativité et de sa fragilité, encore une fois*…

Je le dis souvent mais j’ai commencé à construire ma culture musicale avec internet et surtout avec Napster il y a de cela 10 ans. C’était la première fois que je m’ouvrais véritablement au monde, je discutais avec des anglais, des allemands, des américains, des espagnols etc… A cette époque pour télécharger chez quelqu’un il fallait lui dire « bonjour » et ensuite de longs débats suivaient sur tel ou tel groupe. Cela volait rarement très haut,  c’était souvent des conversations de bistros, mais tous les gens étaient euphoriques et cordiaux.

Si on discute moins maintenant, voir presque plus, sauf quand on a « l’esprit de la recherche », les échanges se sont intensifiés, sont devenus pratiquement mondiaux. Quand j’avais rencontré les musiciens de São Paulo Underground, je les avais interrogés sur les p2p pour savoir ce qu’ils en pensaient. Comme souvent ils se sont plaint de la qualité relative des mp3 tout en affirmant que c’était quelque chose de fabuleux. Avant il fallait envoyée des lettres pour se faire connaître, des colis mêmes, à tous les labels et les journaux, en espérant trouver une niche et un public. Maintenant tout cela se fait vite, très vite, et si le son est parfois pourri, au moins il est là. A chaque fois qu’un « spécialiste » interrogé par TF1 explique que le mp3 est le stade terminal de la dégénérescence culturelle en raison de l’horreur du son, je me dis qu’il faut mieux écouter un son minable que de ne rien écouter.

Pourquoi cette notule ? Car entre ce que j’ai écris sur le Parti Pirate, les multiples agressions que subit actuellement l’idée même d’internet (Hadopi, neutralité du réseau), l’acharnement dont fait preuve certains politiques et industriels contre le réseau (attaquer Wikipédia, se plaindre des informations sur le net et de l’idée de gratuité), je me dis tout de même qu’on vit une époque merveilleuse. Peut-être que dans 10 ans on se retournera et on se dira que l’âge d’or était là, ce que font déjà certains sur le début du réseau, mais il faut en être heureux et se battre, au moins un peu, pour que cela continue. On vit à l’époque des Tweets sur Jean Sarkozy, des séries en streaming dans la minute, des mangas traduits par des acharnées la nuit même des parutions japonaises, des buzzs culturels comme celui de The XX et c’est beau.

Alors l’envie me prend pour une fois d’être souriant et optimiste: merci, merci à ceux qui continuent de contribuer à tout cela, merci à tous ceux que j’ai rencontrés qui continuent de m’impressionner chaque jour sur le réseau par des connaissances, par des trouvailles et des idées, merci en ce qui concerne la musique à cet « esprit de la recherche », aux gaufres et aux cousins (ils comprendront très bien de quoi je parle), et pourvu que cela dure…

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2 commentaires

  1. chantsetheres
    5 novembre 2009

    Selon Alexander Bard et Jan Söderqvist (auteurs des « Netocrates », livre connu dans le monde entier mais un peu passé à la trappe en France) :

    http://www.leoscheer.com/spip.php?article771

    Le monde de demain sera une société de « l’information », et c’est justement ces « boulimiques » de culture reticulaire qui formeront l’élite de demain. Je ne sais pas si on vit aujourd’hui un « âge d’or » en passe de disparaître, je crois au contraire – et comme l’expliquent Bard et Söderqvist – que les netocrates se cacheront et utiliseront de plus en plus une sorte de web invisible (sans doute crypté) totalement inaccessible aux futurs flics de la société capitaliste « d’avant ».

  2. Bishop
    5 novembre 2009

    Bonjour,
    je n’ai pas encore lu ce livre et je vais corriger cela mais plusieurs remarques. S’il est probable que ceux qui maîtrisent l’outil s’en sortiront bien je doute que ce soit le cas des simples boulimiques culturels comme je peux l’être.

    De plus je ne sais pas si nous vivons l’âge d’or, je tiens à le redire, mais la chose extraordinaire de cette période c’est que tout le monde y a accès. Qu’une minorité d’éclairés arrivent à éviter les rouages administratifs et judiciaires pendant que la majorité se contente d’obéir, cela sera certainement pire qu’aujourd’hui.

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