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Articlé publié le 24 déc 2009 par .

Classé dans Pochettes/Visuels.

Pochettes 2009: Les rares délices

J’aurai bien aimé vous proposez une petite liste contraire à celle de mes  horreurs subjectives. Le problème c’est qu’en survolant mes disques de l’année, je n’en ai pas trouvé tant que cela des pochettes qui me plaisaient vraiment. On pourrait croire que je suis trop exigeant mais à la vérité c’est juste que je n’ai pas écouté beaucoup de disques estampillés 2009. Une cinquantaine à vue de nez, guère plus, du coup les perles graphiques se font forcément plus rares. Si je devais en retenir quelques unes, il y aurait probablement celles du Bromst de Dan Deacon et le Fever Ray. Concernant Bromst au-delà d’une belle photo je trouve surtout qu’on a là une idée de la musique. Un psychédélisme joyeux, cartoonesque et coloré. On s’imagine dans cette tente improbable au milieux d’une forêt en train de jouer au xylophone pendant que des enfants écouteraient vaguement en construisant un château de légos. Un halo de rêveries multiples dans un monde incertain. Pour Fever Ray c’est plus cette patte graphique, cette manière d’arrondir les traits, de donner du volume, d’offrir toute une ambiance à ce noir & blanc qui va au-delà de la simple illustration.

Vic Chesnutt - At The CutDans les disques dont je n’ai malheureusement pas parlé il y a la pochette du Vic Chesnutt, le  At The Cut. Non pas que cette photo soit belle, ni même spécialement réussite, mais là encore elle informe magnifiquement sur le disque. Déjà il y a ce choix de couper le corps de Chesnutt, de ne laisser que sa tête surgir dans le coin de la photo, loin, loin de la hauteur des tableaux et de leur force symbolique. Cela rappelle sa condition d’handicapé, le fait que lui le monde, depuis ses 18 ans, il ne le voit plus que de cette hauteur. Je ne sais pas si ce thème est celui voulu par le photographe, Jem Cohen, mais en tout cas ce choix de mise en scène se répète sur les photos disponibles sur le site officiel. L’autre aspect, c’est le côté corridor de musée et la confrontation de l’homme face aux peintures. Ces tableaux sont monumentaux par la place qu’ils occupent et la reconnaissance qu’on leur accorde. Quelque part ils sont là sanctifiées pendant que nous ne faisons que passer, ils restent pendant que nous mourrons nous renvoyant à notre propre condition et au rapport qu’on entretient à l’art. Quel meilleur substrat que ce thème pour que se déploie la toute puissance lyrique des musiciens du label Constellation. On hurle avec Chesnutt que nous sommes des lâches, Coward, pendant que la tempête se déchaine. Fabuleux.

The Juan MacLean - The Future Will ComeFinalement si je devais n’en retenir qu’une, ce serait probablement celle du disque de The Future Will Come de The Juan MacLean. Quand ce disque est sorti j’ai voulu en parler ici mais je n’ai pas fourni l’effort quand il était temps. J’avais pourtant des choses à dire, surtout sur cette pochette, et voilà l’occasion de me racheter en cette fin d’année. Alors cette image? Une photo, des sièges comme ceux d’aéroport (ou de métro?) dans une pièce blanche. Le duo en blanc, des murs blancs et un nom de groupe en néon blanc. The Future Will Come I had a vision.  The Juan MacLean veulent nous parler de l’avenir sur des tempos à la LCD Soundsystem dans une version plus électronique que les WhoMadeWho. La référence est donc immédiate et c’est ce qui rend cette photo intéressante. George Lucas et THX 1138 avec son univers tout de blanc vêtu surgissent ici. Pour ceux qui ne connaissent ce film pas c’est le premier long métrage de Lucas, produit par Coppola. Inspiré par quelques classiques de Science Fiction (Un Bonheur Insoutenable), ce film tenait surtout pour ces choix esthétiques. C’est ici que Lucas affirma certaines positions (le noir et le blanc) qu’on retrouva dans le premier Star Wars. Là où je trouve cela savoureux c’est qu’au-delà du thème visuel parfaitement repris il y a tromperie, mensonge, ou serait-ce un renversement?, de la part de The Juan MacLean. Dans THX 1138, il y a ces angoisses totalitaires qui s’expriment en partie par les choix sonores (voix distordues, messages répétitifs, musique inquiétante) alors que dans The Future Will Come il y a une légèreté, une forme d’hédonisme joyeux. Non pas que nos visions du futur seraient moins angoissantes mais le traitement est différent. Alors on peut y voir ce qu’on y souhaite, du nihilisme désabusé, de l’ironie ou même un optimisme conquérant mais vu l’excellent résultat j’écoute sans me poser beaucoup plus de questions…

C’est probablement pour cette pochette que je trouve que The Juan MacLean s’impose vis-à-vis du WhoMadeWho, pour reprendre le top 10 de Maxence Grugier. D’ailleurs, et pour finir, c’est étrange comment je conçois toutes ces pochette. Hormis le Dan Deacon, chacune des trois autres pochettes a fonctionné dans mon esprit en association que ce soit graphiquement ou musicalement avec un autre disque. Le Vic Chesnutt avec le Bill Callahan, une pochette fabuleuse pour une catastrophique avec deux visions du folk pour deux grands disques, le Fever Ray avec Bat For Lashes et donc The Juan MacLean avec le WhoMadeWho. Bizarre.

5 commentaires

  1. MrMeuble
    24 décembre 2009

    Je ne vais pas parler du sujet (et puis quoi encore !) mais plutôt m’attarder sur un détail futile et donc essentiel:
    Il ne s’agit point du tout de chaises d’aéroport ou de métro, mais de chaises knoll vintage, typiques des années 60, et qui coûtent très cher…
    Il était essentiel que cela soit dit, et peut être que quelque part ca change un peu le sens.

    Joyeux noël, espèce de casseur de tops!

  2. Bishop
    24 décembre 2009

    Au moins c’est pas des chaises anti SDF c’est déjà cela :D. sinon il est vrai que cela ressemble à des chaises Knoll… mes connaissances là dessus sont limitées…

  3. MrMeuble
    25 décembre 2009

    Comme dirait l’autre, seul le détail compte.
    Bon sinon mauvaise nouvelle, Vic Chesnutt est dans le coma suite à une tentative de suicide. La magie de Noël…

  4. Bishop
    26 décembre 2009

    Et merde. Il est mort.

    http://cstrecords.com/

    Cela en rend l’album glaçant. Merde.

  5. KMS
    26 décembre 2009

    Il est mort oui, c’est bien triste.

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