On s’est pas mal foutu sur la gueule ces derniers temps sur les tops. On a été les grincheux de notre micro cosmos à critiquer certaines idées et certains projets. Même à Substance-M on est grincheux entre nous, Digital rejette l’idée en bloc des tops alors que je critiquais seulement certaines stratégies comme le top collectif qui élimine toutes les aspérités alors que c’est précisément ce qui m’intéresse.
A vrai dire on est méchant, l’idée du top de fin d’année c’est une sorte de tradition, comme fêter noël ce soir, et comme pour toutes les traditions il y a des côtés négatifs, le mensonge d’un top qui serait « fixé », le choix de disques consensuels ou que tout le monde connait déjà, et des aspects intéressants, réécouter des disques injustement oubliés, en découvrir d’autres et confronter nos opinions.
Un phénomène absurde mais naturel est notre volonté à tous de s’y « retrouver » dans les tops, de voir si on est d’accord si on aime tel ou tel top, pour in extenso voir si on aime tel ou tel site, tel ou tel blog. Dans le cas des tops c’est un effet secondaire, une recherche normale, mais ce phénomène est une sorte d’institution sur le net, principalement sur les sites de rencontre.
Le point de départ est le « dis-moi ce que tu aimes, je te dirai qui tu es ». C’est complètement faux dans l’absolu mais on en apprend tout de même sur les gens en observant ce qu’ils lisent, ce qu’ils écoutent, ce qu’ils regardent. La première chose que je fais en rentrant dans un appartement inconnu est d’interroger les étagères à livres, voir quelles histoires ils me rapportent sur le maître des lieux. Cela ne manque pas et peut nourrir la soirée de discussions.
Le second réflexe, on en revient à la stupidité de la chose, c’est le « dis-moi ce que tu aimes, je te dirai si je t’aime ». Ce second moment découle du premier, il en est l’extension naturelle sans que l’on s’en rende forcément compte. Savoir s’il aime les mêmes auteurs ou s’il lit du Marc Lévy, savoir si on partage les mêmes choses ou pas.
D’une certaine manière si vous me permettez un détour, j’aime les chemins tordus, cela revient à un ancien débat avec mes amis de fac. Une amie me soutenait il y a quelques années qu’elle ne pouvait pas avoir d’amis de droite, il y aurait nécessairement un moment où le clash aurait lieu. La plupart des gens présents acquiescèrent alors que je m’offusquais, il me semblait fictif d’ériger comme critère relationnel l’opposition gauche/droite (la vrai, pas celle des supermarchés et du PS). Il me semblait que je pouvais avoir des amis de droite, que cela n’était pas pénalisant et qu’au contraire je trouvais cela enrichissant car je suis plutôt du genre à rentrer dedans et voir ce qui en sort…même avec mes amis de gauche.
Là où je m’avançais un peu trop facilement, c’est qu’au fond je n’ai presque pas d’amis de droite, il n’y a presque pas de gens de droite autour de moi. Peut-être même ne pourrais-je pas avoir des relations plus intimes (complicité, confidences) avec quelqu’un de droite, je ne peux pas évaluer car je ne suis pas vraiment confronté à cette situation. Alors gauche-rencontre.com et droite-rencontre.com extension logique de notre société?
Non vraiment pas. Car au fond, j’en reviens au top, aux livres sur les étagères. On ne sort pas avec des objets culturels mais avec des gens. Je m’étais inscris il y a très longtemps sur pointscommun.com, j’étais curieux de voir comment cela fonctionnait. Il a fallu me rendre à l’évidence rapidement: C’est d’un non sens profond. Je ne cherche pas une copine qui aime Tarkovski, Godspeed You! Black Emperor et Béla Tarr. Cela existe c’est certain, et cela me fera plaisir mais si on y ajoute tout mes autres goûts et choix, à la fin ce sera forcément exclusif pour presque tout le monde, donc des critères infondés. « Dis moi ce que tu aimes, je te dirai si je t’aime », c’est de la vanité. On recherche soi ou la confirmation de nos bons goûts. On recherche à être accepter, c’est normal, mais pas par le bon bout. Alors les sites de rencontres, les Facebook et autres conneries où on fait étalage de notre culture c’est bien pour les salons mais point pour aimer les autres ou apprendre.
Ce que je recherche chez autrui, et surtout chez les femmes qui me plaisent, ce n’est pas un minimum syndical d’idées et de goûts communs mais une curiosité réciproque. Je veux être curieux, que quelque chose chez elle me donne envie de la connaître, de découvrir ce qu’elle aime, ce qu’elle sait et je veux qu’elle me le rende. Mes anciennes copines n’aimaient pas toutes Godpeed You! et Lynch mais elles aimaient d’autres choses, parlaient plusieurs langues, vivaient des choses formidables et elles toléraient ou appréciaient ce que je leur faisais découvrir, ce que j’aimais. Se réduire à des critères c’est perdre la possibilité de la découverte et du partage, la raison pour laquelle on fait du blog. Bien entendu le critère politique peut être important mais il y a tant d’autres et il peut se passer tant de choses que c’est se fourvoyer que d’en proclamer des « définitifs ».
Une petite réflexion hasardeuse, en partant des tops pour finir à pointscommun.com, pour finalement vous souhaitez bonnes fêtes et bon anniversaire au Digital (24 décembre!).
Je vois qu’on a un peu relativisé la question :D
les liens vers gauche droite rencontre m’ont tué !!!
Bon à part dire que j’approuve sur toute la ligne, il faut quand même que je trouve autre chose à dire que de parler de meubles… (on a les pseudos que l’on mérite)
Alors j’ajouterai que personnellement, quand les faisceaux de goûts sont trop proche, ca peut même produire l’effet inverse, une sorte de répulsion inexplicable, du style « on a les même gouts mais pas pour les même raisons », combien de fois j’ai entendu « il faut absolument que je présente machine
,vous avez trop les même goûts », et puis en fait la sauce ne prend pas du tout…
Merci Bibish. :)
Sinon je vais de ce pas reprendre la publication régulière de notes sur des sujets divers et variés. Parce que bon, à force, les tops, les listes, les classements, partout, sur les webzines, dans les émissions de télé de divertissement, dans les catalogues, à l’école, au boulot, chez le coiffeur… Vraiment plein le cul de tout ça. C’est pas possible d’envisager une temporalité sans fin d’année?
Comme si les bilans étaient réellement indispensables. J’ai l’impression d’être chez le médecin. D’ailleurs je bannis le mot « bilan » du vocabulaire officiel de Substance M.
J’avais comme idée de faire un truc collectif avec d’autres blogs (MrMeuble au passage :D), 10 cela serait bien. Un peu ce que j’aurai aimé voir en cette fin d’année et que je n’ai pas vu (donc on peut le faire). Chaque blog chronique un disque qu’il juge injustement oublié en 2009. Il peut prendre un disque déjà chroniqué mais en y rajoutant à son avis pourquoi il n’a pas été assez écouté. On poste les 10 notules la même journée avec les liens entre les blogs (pas de notule commune par contre).
C’est pas un peu ce qu’on fait toute l’année, parler de disques qu’on juge « injustement oublié(s) » (toutes proportions gardées)?
Enfin je sais pas, pour simplifier j’aurais envie de dire: « Ce qu’on a aimé/pas aimé en 2009? Visite le site ». Ça me semble suffisant. Après, si le mec/la nana a la flemme, tant pis pour lui/elle. On va pas non plus tomber dans le pré-mâché.
Ba l’idée c’est aussi de faire tourner les liens de blogs potos et de réfléchir pourquoi un disque qu’on trouve très bon (au hasard: SND) se retrouve autant à la trappe.
Parce que c’est tout sauf un album qui s’écoute facilement. Ça demande un véritable effort physique (souligné trois fois).
Bref, fais-le ton petit regroupement de blogueurs amis, je vous regarde. Mais ça a intérêt à valoir le coup! ;)
En même temps, si la fille elle n’aime QUE Jean-Pierre Mader, t’avoueras…
C’est qui? (oui je suis inculte)…après une recherche wikipédia c’est sûre c’est un gagnant « Entre l’ombre des studios et la lumière de la scène, l’itinéraire atypique de Jean-Pierre reflète une évolution artistique originale et attachante. »… Après une écoute deezer: ouch c’est rude…
En même temps si elle n’écoute que Mader elle n’a rien à me faire découvrir (ou si peu) et elle ne sera pas curieuse à mon endroit (fiou…sauvé!)
Jean-Pierre Mader, Bibish. ‘Macumba’, putain. Tu me déçois, là, t’as même pas les bases.
Ou alors tu ES Jean-Pierre Mader, auquel cas, effectivement, elle n’aura rien à te faire découvrir (et moi je n’aurais rien à faire ici, on va pas se mentir)
Ah oué Macumba quand même, sinon je suis peut-être un clone raté (car amnésique) de Mader, ceci expliquerait cela…
certes si elle n’écoute QUE Mader elle n’aura guère de trucs à te faire découvrir côté musique mais peut être d’autres choses ailleurs quand même non ??
ou alors tu penses que les gens qui écoutent Mader (ou autour) n’ont guère de chance d’avoir des goûts en rapport avec les tiens ?
(ce qui revient à la remarque initiale de la personne qui pensait qu’il lui serait impossible d’avoir des amis de droite)
On est dans la blague potache Dragibus, cela n’enlève rien à ce que je disais plus haut, la nuance est que si elle ne connait que Mader c’est sans importance, si elle n’écoute vraiment que Mader plus chiant (car aucune curiosité pour ce que je peux écouter donc aimer…reste les autres domaines mais on ne part pas sur les bonnes bases).