Dans la foulée de mon dernier propos classé « Oscillations… », j’inaugure par la présente note, en présence de Maître Fistos pour attester la validité de la démarche, une nouvelle rubrique qui devrait faire son beurre sur les mixs et autres podcasts généreusement offerts un peu partout sur la Toile. J’ai bien conscience que nous ne proposons pas suffisamment de matières sonores à se caler derrière l’oreille pour les Croisés en mission qui parcourent Substance-M. à la recherche de la Divine Parole. Entamons donc la pose de la première pierre sur cet agréable chemin de la Rédemption via ce premier épisode d’une série « Mélangeurs » que j’espère pleine et entière dans les semaines et mois à venir.
Trompettiste jazz vétéran, en activité depuis le début des années 80, Ben Neil, originaire de Caroline du Nord (E.U.), développe depuis 3 décennies une forme de musique particulière alliant l’acoustique et l’électronique dans un mouvement de création spontanée qui le voit combiner trois trompettes et un trombone réunis en un seul instrument à une véritable installation numérique via l’utilisation de 16 controlleurs MIDI différents, le tout relié à un PC afin d’y appliquer les traitements sonores adéquats. Une véritable démarche ambitieuse qui lui permit de révéler sa technique ainsi baptisée « mutantrumpet ». C’est avec l’aide des Studios STEIM d’Amsterdam que Ben Neil va perfectionner et constamment améliorer son approche depuis le début des années 90. Je passe sur la série de compositeurs/musiciens avec qui il a collaboré pour vous proposer son mix d’une heure réalisé pour le site Electronic Groove. Comme dans un mouvement d’une logique incontestable, Ben Neil adjoint à ses compositions des morceaux de producteurs de dubstep bien connus des afficionados pour leurs ambiances embrumées et les nappes de sons parcourus de basses fréquences, le tout made in UK. Un mélange efficace qui vous fera planer à des hauteurs où seules les pulsations musicales essentielles ont voix au chapitre. Tracklist et podcast directement disponibles sur le site d’Electronic Groove.
Producteur parisien, Geste n’est pas à proprement parler le premier venu. Ayant débuté en tant que bassiste dans divers groupes post-rock ou carrément punk hardcore, c’est à défaut d’un véritable groupe qu’il se lança dans une expérience solo derrière les machines. Laptop, Behringer et clavier pour créer cette hybride d’électro/glitch agitée par des breakbeats agressifs et découpés à la machette comme pour les rendre plus tranchants encore. Comme premier témoignage sonore, le maxi publié sur le label allemand Equinox fin 2008, « Jaw Breaker » fait montre d’un savoir-faire en matière de compositions percutantes où le climax n’est jamais loin de convaincre même les plus récalcitrants à s’investir un tant soit peu dans ce qu’ils écoutent par un hochement de tête significatif. Récemment investi dans la refonte d’un nouveau groupe pour offrir une profondeur supplémentaire à ses compositions (via basse, batterie, guitare, clavier et platines), Geste proposait il y a peu au site web russe Designcollector le 14ème épisode de leur série de podcasts. 25 minutes de sons offertes pour une première découverte d’une musique addictive et attachante, à l’image du personnage affairé derrière les machines. Plus d’infos sur la page Myspace de Geste.

Photo: Vincent Bitaud
Et je vais terminer cette première session « Mélangeurs » avec une découverte tout à fait récente. $ 0.99 Dreams (« Ninety Nine Cent Dreams » en fait) est un duo en provenance de Brooklyn formé par le batteur Matt Crane et le saxophoniste/joueur de synthés Adam Diller dans un élan tout à fait personnel de mettre au jour un nouvel espace d’expression réunissant rythmiques hip-hop et envolées jazz. Rassemblant batterie, synthés, cuivres, cordes et percussions, les deux musiciens assemblent les couches d’overdubs pour développer un mode d’expression tout à fait personnel, s’adressant à la fois au corps et à l’esprit. Auteurs d’un maxi et de quelques CD-Rs, Matt Crane et Adam Diller offraient cette semaine via le site web Percussion Lab plus d’une heure d’une symbiose musicale pertinente et réussie, errant entre une esthétique pour le moins classique et des envolées free délirantes. Vivement recommandé.
« Ninety Nine Cent Dreams » est très bon… Ça me fait penser a certaines parutions sur Thirsty Ear..
Mouai, bof. Pas trop d’accord sur ce coup. Sinon oui c’est assez prometteur comme duo. J’espère qu’ils continueront à enregistrer.