Substance-M.net

Infos

Articlé publié le 18 juin 2010 par .

Classé dans Réflexions.

HipHopCore.net: that’s all folks…

Comme une poignée d’entre vous doit le savoir, en parallèle à mes activités sur Substance M. depuis un an et demi, j’officie sur HipHopCore.net, webzine spécialisé en rap underground, une certaine forme de niche musicale à laquelle je m’évertue à apporter ma pierre depuis presque quatre ans. Le site, lui, s’est créé un beau jour de 2002, il y a huit ans, lorsque quelques anonymes amoureux d’une forme de rap trop peu représentée sur le Web hexagonal (si l’on met de côté feu-HipHopSection qui nous a tous guidé à un moment donné, je crois) se réunissent pour offrir un écrin structuré à ces petites scènes musicales principalement concentrées aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Depuis, c’est environ 700 chroniques, près de 200 interviews, pas mal de portraits d’artistes-symboles de ces moments passés à écouter des tonnes de disques en tous genres qui apportaient à ce rap que nous aimions une vigueur et un dynamisme inégalé à cette époque. Ce sont surtout beaucoup de rencontres importantes, décisives pour certaines d’entre elles.

En cumulé, mon implication sur le forum d’HipHopCore correspond à 64 jours mis bout à bout… Je ne compte plus les heures de travail, de réflexions, de recherche, de doutes, d’euphorie ou de déprime profonde pour les chroniques, interviews et autres papiers publiés sur le site qui doivent s’ajouter à ce petit calcul simpliste. Comme s’il suffisait de rassembler la sueur dans un seul récipient pour en retenir l’essentiel, l’important. Spectateur assidu depuis plus de 6 années, puis acteur convaincu depuis 2006, me voici, à l’instar de mes collègues, souvenirs et archives. Sensation étrange d’avoir à clore une aventure qui aura procuré autant de joies et de satisfactions. A tel point que l’on se demande si ce choix est réellement nécessaire? Inévitablement, on en vient à répondre par l’affirmative tant il ne s’agit en fait que d’une décision qui découle d’une déliquescence insidieuse, d’une décélération sournoise et d’une perte d’énergie qui stimula cette flamme jusqu’à la faire devenir fumée résiduelle, quantité négligeable.

Aujourd’hui, HipHopCore.net ferme ses portes officiellement. Des semaines durant, nous nous sommes appliqués à faire les choses de la bonne façon, dans l’ordre et avec application pour offrir un finish de qualité à ce qui doit être pour chacun d’entre nous, membres de l’équipe, la plus grosse aventure de nos existences respectives. Le temps a passé sur les disques que nous évoquions avec vigueur, que nous défendions bec et ongle quitte à se couper d’un mouvement qui semblait prendre une voie qui ne nous ressemblait pas, qui ne ressemblait pas au site que nous avions abreuvé en contenus rédactionnels en tous genres; toujours avec ce soucis de qualité, cette exigence à la limite du purisme pour apporter la plus essentielle des informations aux visiteurs, aux lecteurs, aux suiveurs. Toujours un peu dissimulé, jamais réellement éprouvé par le temps qui passait, HipHopCore est, je crois, resté fidèle à lui-même grâce à l’apport de chacun d’entre nous, grâce à l’intérêt de visiteurs qui sont devenus des réguliers puis, pour certains, des connaissances ou des amis.

Dernier représentant d’un créneau musical qui n’existait plus que par bribes depuis de nombreux mois (années?), HipHopCore tire sa révérence en offrant aux visiteurs un dernier papier bien chiadé signé Cobalt, notre rédac’ chef, les tops respectifs des membres actuels de l’équipe sur la période 2000-20009 et, enfin, deux mixs de grande qualité (et je pèse mes mots) signé Aaron3000. Je me devais d’évoquer tout ceci ici, afin d’offrir un dernier support à ma mélancolie passagère qui sera bien vite rangée dans le coin des souvenirs pour laisser sa place aux nouveaux projets et à ceux qui continuent de plus belle, Substance M. en tête.  Je bafouille, je ne trouve plus mes mots, je peine sur chaque syllabe et maltraite un style d’écriture qui m’obsède habituellement pour tomber dans le pathos le plus larmoyant. Tant pis, je vais conclure.

Ainsi, pour la poignée de décennies qui m’attendent encore, HipHopCore symbolisera pour moi ce regroupement d’individus hétéroclite mené par une passion dévorante qui aura poussé ses acteurs à réaliser une chose essentielles à mes yeux à leur (petite) échelle: parler de musique. Et pour ça, j’adresse ma vénération la plus totale à chacun des membres de l’équipe que j’ai côtoyé ces dernières années. Merci, les gars. Merci. Vraiment.

Newton / Digital Mojo

5 commentaires

  1. Bishop
    18 juin 2010

    On y est. J’imagine le sentiment. Life goes on. C’était pas spécialement mon créneau mais j’appréciais aller dessus. Je t’offrirai une pinte pour que tu me racontes les meilleurs moments (et les pires).

  2. Digital Mojo
    20 juin 2010

    J’ai la cruelle sensation d’avoir perdu de la famille ou des proches. Ça fait de longs mois que l’on sait que la fin est proche mais on ne s’attend jamais réellement à ce que le coup arrive, propre et net sur le coin de la gueule. Et le jour où c’est le cas, on ne sait plus quoi faire, on se dit qu’on aurait pu faire dix mille choses pour empêcher ça et le retarder. On se dit aussi pourtant qu’on l’attendait depuis tellement longtemps cette page qui se tourne tant elle semblait inéluctable qu’on ne sait plus bien quoi penser…

    ‘Fait chier.

  3. Arno
    24 juin 2010

    … faut juste penser que vous faites un boulot remarquable… (et je pense à tous les blogueurs…)… et que malheureusement tout à une fin. Déjà trouver le temps d’écrire et d’écouter durant toutes ces années, gratos, par passion et volonté de partager… chapeau et bravo

    Je vais en tout cas me faire un plaisir d’approfondir ces listes que vous laissez… au vu de certains albums que je connais déjà, ca promet…

  4. faab
    24 juin 2010

    HipHopCore R.I.P…

  5. Digital Mojo
    24 juin 2010

    Le pire c’est que pour quelqu’un comme moi qui voit ça comme un plaisir et une espèce de deuxième profession (une profession amateur en fait), nous nous privons d’un outil intéressant qui n’était plus adapté, éditorialement parlant, à ce qui nous entourait. Le seul regret c’est de ne pas avoir su l’adapter comme il fallait (ou du moins ne pas nous être adaptés, nous-même). Mais bon, on se recycle, moi ici, d’autres ailleurs…

Laisser un commentaire